2026. The Effects of Nonviolent Communication (NVC) Expertise on Social Skills and Self-Reported Quality of Life: An Exploratory Study

The Effects of Nonviolent Communication (NVC) Expertise on Social Skills and Self-Reported Quality of Life: An Exploratory Study.
Journal of Humanistic Psychology, 2026
Foncelle et al.
DOI : https://doi.org/10.1177/00221678251412476
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Résumé :
Cette étude exploratoire évalue l’impact de la pratique de la Communication NonViolente (CNV) sur les compétences sociales et la qualité de vie perçue. Elle compare deux groupes : des débutants (N = 53) et des experts (N = 30) en CNV, en utilisant des mesures implicites et explicites. Les variables étudiées incluent l’identification émotionnelle spontanée, l’attribution causale, la prise de perspective visuo-spatiale, les dimensions de personnalité (Big Five), la catégorisation de l’expression émotionnelle, la mentalisation, la proximité relationnelle, le pouvoir social et la qualité de vie. L’analyse, basée sur la sélection de modèles bayésiens, révèle des effets spécifiques liés à l’expertise en CNV.

Commentaire :
L’étude ne se concentre pas sur l’apprentissage ou la formation en CNV, mais sur les différences entre des pratiquants expérimentés et des débutants. Trois effets principaux sont observés chez les experts : une réduction du névrosisme, une augmentation de l’agréabilité et de la conscience, ainsi qu’une meilleure régulation émotionnelle (moins de fatigue quotidienne et un sommeil plus réparateur). Chez les hommes experts, on note également une meilleure adoption explicite de perspectives et une perception accrue de pouvoir social par rapport aux débutants.

En revanche, aucune différence significative n’est observée pour les compétences socio-cognitives (comme la prise de perspective visuo-spatiale ou la catégorisation des émotions faciales) ou certains traits de personnalité (ouverture et extraversion). Cela suggère que la CNV n’améliore pas directement les capacités socio-cognitives, mais influence plutôt la métacognition, la régulation émotionnelle et la communication explicite.

Un point fort de l’étude est l’utilisation de méthodes statistiques robustes (modèles bayésiens) et la prise en compte des interactions entre genre, âge et expertise. Cependant, l’absence de différences dans certains domaines pourrait refléter des effets de plafond ou des tendances humaines dominantes (comme l’empathie ou l’attribution causale).

Perspective :
Il serait pertinent d’approfondir les mécanismes causaux derrière les différences observées selon le genre, notamment chez les hommes. Une piste serait d’étudier si ces effets sont liés à la durée ou à l’intensité de la pratique de la CNV. Par ailleurs, développer des outils spécifiques pour mesurer les compétences métacognitives liées à la CNV pourrait affiner la compréhension de son impact sur le bien-être émotionnel et la résilience sociale. Enfin, une comparaison avec d’autres approches de communication (comme la pleine conscience ou la thérapie cognitivo-comportementale) permettrait de mieux cerner la spécificité des bénéfices de la CNV.